Le
Pic de Crévoux en traversée n'est pas une première pour nous puisque, le
2 septembre 2016, les 4 mousquetaires de l'époque avaient tenté de pigmenter cette dernière en parcourant l'intégralité de la très longue et particulièrement scabreuse
Crête de l'Eyssina en allant même virer de cap à la bouée du Col du Crachet, pour un départ identique sur le deuxième parking en amont de la Chalp, c'est dire!
Cette épopée ayant suffi à nous convaincre de dorénavant limiter nos ambitions à la seule partie Ouest de cette crête en excellent rocher et ainsi revoir le parcours en sens inverse du
28 mars 2019 effectué par le binôme Patrice et l'Ours chaussés de crampons, périple qu'ils ne sont pas prêts d'oublier.
Tandis que, pour cette nouvelle édition, nous avons varié les plaisirs en restant sur la trace de notre ami Pascal, à savoir au plus près du fil de la crête en affrontant la totalité des difficultés restant à notre portée alors qu'en 2016, bien conscients des efforts qui nous attendaient plus haut pour tenter d'en suivre le fil jusqu'à la Pointe de l'Eyssina sur un terrain dont il est bien difficile de trouver plus médiocre, l'Ours avait renoncé à suivre Pascal pour nous accompagner Monique et moi sur une trace bien moins exigeante et malgré tout pleine d'originales surprises.
Que tout cela ne laisse pas imaginer que le reste de cette randonnée relativement sauvage n'est qu'une simple formalité, bien au contraire ! pour preuve si besoin était :
- le sentier du parking au Col de Jaffueil ou de Crévoux via la Cabane de Jaffueil qui jusqu'à cette dernière a toujours nécessité un certain engagement, est désormais encore plus pénible suite à sa dévastation par une grosse coulée due à l'explosion d'une poche d'eau au cours des intempéries dévastatrices de décembre 2023 : la quasi-totalité de ses lacets au centre du talweg ont été labourés tandis que, de part et d'autre du sillon, subsiste les classiques amoncellements de divers matériaux (terre, cailloux, blocs, branches, troncs, racines, etc...) caractéristiques de ce type d'évènement.
- souhaitant éviter l'éventualité de devoir négocier notre passage avec les probables patous de l'estive, nous avons esquissé un évitement de la Cabane par son aval avant de comprendre qu'elle n'était pas utilisée cette année et ainsi pouvoir revenir sur son sentier sans souci.
- une fois sur le sentier de la Cabane au Replat de la Résurgence (du Torrent du Crachet!), l'Ours a souhaité le suivre jusqu'à pouvoir observer sa traversée en amont des Aiguilles pour ensuite envisager un rattrapage incertain qui nous a conduits à devoir effectuer un demi-tour stratégique avant qu'il ne soit trop tard pour revenir sur la voie la plus classique du Pic de Crévoux par sa crête Sud-Ouest, nous obligeant à longer le pied de son imposant bastion rocheux dont le sommet offre un panorama des plus saisissants sur la vallée de Crévoux.
- de ce dernier, tout ce long parcours en crête est particulièrement encombré d'amoncellements de blocs erratiques du meilleur effet pour le spectacle offert mais assez contraignant pour les chevilles et les genoux, ce n'est qu'au cours des 100 derniers m de dénivelé qu'on peut vraiment les contourner en utilisant au mieux de rares et étroites bandes herbeuses.
- du sommet, la descente directe relativement scabreuse que nous avons empruntée peut facilement se contourner en revenant sur ses pas jusqu'à la confortable bande herbeuse qui se poursuit jusqu'au collet suivant où débute la Crête de l'Eyssina et son chaos rocheux déjà évoqué plus haut.
- du dernier collet d'où nous avons abandonné la dite crête pour effectuer au mieux notre migration jusqu'à la Montagne du Crachet, si cette traversée descendante est relativement confortable dans sa première partie, elle est bien plus délicate dans la traversée de son talweg principal également bien mis à mal par les grosses avalanches de fond du printemps comme nous en avons déjà fait l'expérience cet été : à la
Tête de Soleil Boeuf pour Solenn, Philippe et l'Ours et au
Col du Crachet versant Col de Vars pour la Marmotte, Hélène et le même plantigrade dont nous ne saurions nous passer.
Tous ces aléas réunis ayant sérieusement contrarié l'horaire prévu et malgré la bonne volonté de la Marmotte qui, après sa prudente décision d'opter pour un simple aller-retour sur notre trace de descente au lieu de se hasarder à suivre celle du
projet de l'Ours, le sentant quelque peu inquiet de la laisser seule sur un sentier par lequel ils ne sont jamais passés, venue à notre rencontre jusqu'au premier balcon de la Montagne du Crachet où nous avions envisagé de pique-niquer, informée du fait grâce à leur radio, elle nous a répondu :
- pas de souci, je suis bien installée, profitez de cette belle météo pour pique-niquer en crête, prévenez-moi quand vous repartez pour que j'entame ma longue migration vers le bas, bon appétit !
Et l'informant de notre départ alors même que nous observions un certain nombre d'allées et venues vers le bloc le plus proche :
- OK, pour marquer mon max je viens de construire une petit cairn décoré d'un chardon, à vous de le retrouver, vous devriez me rattraper avant le parking !
Bien vu puisque nous l'avons doublée dans les derniers lacets toujours aussi caillouteux de ce sentier bien connu et dont, depuis quelques temps déjà, elle jure à chaque fois que c'est bien la der des ders !!!
Si nous ne l'avons pas attendue bien qu'elle nous ait immédiatement invités à le faire, c'est parce que, depuis quelques temps déjà, j'étais à la recherche d'une belle carline pour décorer mon balcon; or, au départ, encore en bordure des champs de fauche, nous en avons repéré une colossale que nous sommes remontés récupérer sans trop faire attendre la Marmotte.
En conclusion : depuis 13 ans que nous randonnons dans un cercle de plus en plus restreint afin de limiter nos trajets en voiture, nous arrivons encore à nous surprendre tout en croisant les doigts pour que ça dure le plus longtemps possible.
Sauvegarde du nom des fichiers GPX originaux :
Trace de la Marmotte (2024-09-10 06:54:37 [Suunto App])
Trace de l'Ours (2024-09-10 07:04:51 [Suunto App])