Lauterbourg
Située à l’extrême nord-est de l’Alsace, à la frontière allemande et au bord du Rhin, Lauterbourg est la commune la plus orientale de la France métropolitaine. Son emplacement stratégique lui a donné une grande importance militaire et commerciale au fil des siècles.
Antiquité et Moyen Âge
À l’époque romaine, un fort nommé Tribuni aurait existé près du passage de la Lauter, sur la voie reliant Bâle à Mayence. Après le départ des Romains vers 405, la région est occupée par les Francs. Lauterbourg fait ensuite partie de la Lotharingie après le traité de Verdun (843), puis du Saint-Empire romain germanique.
Au XIIIe siècle, la ville obtient des droits de marché et devient le siège d’un bailliage regroupant plusieurs villages. Elle se fortifie avec des remparts et des tours, dont subsiste aujourd’hui la célèbre Tour des Bouchers.
Époque moderne
La ville souffre fortement des guerres des XVIIe et XVIIIe siècles. Détruite en 1678, elle est reconstruite par les Français et intégrée au système défensif des « lignes de la Lauter ». Après le Congrès de Vienne en 1815, la rivière Lauter devient frontière officielle entre la France et l’Allemagne.
XIXe et XXe siècles
Après la guerre franco-prussienne de 1870, Lauterbourg est annexée à l’Empire allemand. La ville se modernise avec l’arrivée du chemin de fer et le développement du port rhénan. Elle redevient française en 1919 après le traité de Versailles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville se trouve entre la ligne Maginot et la ligne Siegfried. Évacuée puis largement détruite en 1940, elle connaît de violents combats lors de la libération en 1944-1945. Après-guerre, la ville est reconstruite et se développe autour de son port industriel.
Parmi les principaux monuments :
- Tour des Bouchers : vestige des anciennes fortifications médiévales.
- Porte de Landau : porte fortifiée du XVIIIe siècle.
- Église de la Trinité : église gothique classée.
- Ancien château épiscopal : témoin du pouvoir des évêques de Spire.