Cette Directissime Sud-Est d’accès au Mont Guillaume est la plus facile de toutes celles que nous avons parcourues en hors sentier. Dépourvue de toute difficulté technique significative, elle doit être empruntée depuis la nuit des temps. Si lors de notre première tentative,
le 22 décembre 2015, nous n’y avions pas vu de cairn, ce n’est désormais plus le cas. Il est à noter cependant qu’ils sont encore peu nombreux et relativement discrets, laissant ainsi une bonne place à l’aventure.
Car si notre trace est globalement assez rectiligne, elle nécessite un bon sens de l’itinéraire, surtout dans sa partie forestière. La croupe, suffisamment large, autorise de multiples fantaisies si l’on n’est pas suffisamment habitué à ce type d’exercice.
Hélène, dans un jour sans, déjà fatiguée au départ, probablement pour ne pas priver l’Ours de cette récidive afin d’enrichir notre collection de fiches sur VisuGPX, surestimant ses forces, n’a pas voulu saisir la dernière perche tendue :
- Dès le départ de ce hors sentier, je constate que l’herbe y est aussi haute que celle que j’ai dû affronter lors de mon solo de la semaine dernière. Si tu le souhaites, il nous est encore possible de monter plus tranquillement par le sentier de la Cabane du Clos de Berre ?
- Non, puisque tu penses que ce sera plus facile que
la crête de la Côte des Agourriers, je maintiens mon choix de monter par celle-ci. Nous sommes déjà passés dans des herbes aussi hautes, si je ne m’abuse !
Sauf qu’en terrain aussi pentu, avec de nombreuses branches de mélèzes au sol, cachées dans l’herbe, l’effort à fournir est bien plus important. Résultat : elle s’est retrouvée à la peine dès la cote 2100 m, à partir de laquelle nous avions effectué une traversée en dahu pour rejoindre dès que possible la lèvre supérieure en rive gauche du grand ravin principal, couloir d’avalanche de cette face du Mont Guillaume, dont le talweg fait office de limite communale entre Embrun et Puy-Sanières. Sachant son aversion pour le dahu, l’Ours l’a laissée choisir :
- C’est comment plus haut ?
- Je n’en sais rien, puisque je n’y suis jamais passé. Ce sera certes un peu plus pentu et plus rocheux, mais nous devrions y arriver sans trop de difficulté, non ?
- Alors je préfère monter tout droit en restant sur cette crête.
Qui est semi-rocheuse, composée de blocs de gneiss au milieu d’un épais tapis de busseroles. Parcours particulièrement ludique pour tous ceux qui apprécient et qui ont encore en réserve les ressources nécessaires. Malheureusement, ce jour-là, c’était très éprouvant pour Hélène, allant jusqu’à en perdre le moral et à devoir encore en baver, au point où, sortie du plus pentu, la Chapelle Saint-Guillaume en vue, elle demanda à la rejoindre au mieux en court-circuitant notre nième visite au Mont Guillaume et notre retour par la crête jusqu’au Col de Trempa-Latz, en suivant son classique circuit , telle qu’initialement prévue.
Compte tenu de l’horaire, l’Ours a alors choisi de monter le plus rapidement possible jusqu’à la crête, afin de pouvoir enfin informer la Marmotte, qui attendait depuis 30 minutes au rendez-vous fixé au carrefour des sentiers du Mont Guillaume, par sa Chapelle ou par le Col de Trempa-Latz, au pied de ce dernier, dans le vallon des Séyères. Hélène, enfin arrivée sur la terrasse de la Chapelle, avec un énorme OUF de soulagement, a fait une longue pause (de 26 minutes) pour se remettre un peu, avant que nous descendions par le sentier le plus court pour rejoindre la Marmotte, afin de partager le pique-nique et une nouvelle pause d’une bonne heure.
Ce fut suivi d’un retour bucolique jusqu’au Belvédère de la Para, par les Séyères et l’itinéraire VTT. Hélène, s’excusant de ne pas avoir suffisamment pris en compte sa méforme actuelle, nous a informés qu’à partir de maintenant, elle limiterait sa participation en choisissant de rester sur les sentiers.
Nota bene_1 : cette randonnée, quelque peu contrariée, ne doit surtout pas vous dissuader, si vous estimez en avoir les capacités suffisantes, d’y aller et de profiter de cette voie royale, particulièrement sauvage, qui permet d’accéder à la crête Sud-Est du Mont Guillaume. Ce sommet, rendu célèbre par Saint-Guillaume et par l’originale chapelle qui le couronne — véritable mascotte d’Embrun et, plus généralement, de l’Embrunais — mérite que l’on s’y rende si l’on en a la possibilité.
Panoramique à 360° annoté depuis le sommet, offert par
Topo Randos Montagne pour lequel il convient de préciser que c'est la Chapelle St-Guillaume qui est cotée 2542m tandis que le Mont Guillaume l'est à 2550m sur Géoportail et les cartes TOP25 de l'IGN.
(pour une lecture plus confortable et précise il est à noter qu'un simple clic sur l'image ouvre un zoom dynamique)
Sauvegarde du nom du fichier GPX :
Trace de l'Ours (2025-07-10 07:34:04 [Suunto App])
Nota bene_2 : pour l'ajout de la récidive du 22/08/2025 de l'Ours en solo, avec la variante au plus près de la rive gauche du grand couloir, à voir
ici !