Bien que sérieusement échaudés par la
première randonnée de notre séjour, pour cette deuxième et dernière, l’Ours a souhaité conserver l’essentiel de son projet en évitant le passage possiblement à haut risque d’embroussaillement pour du Bourédon monter jusqu’à la piste forestière de Bouscavou. Lucide anticipation qui justifie notre aller-retour au Bourédon dès la première randonnée afin de sécuriser et de faciliter notre accès au point culminant de la Commune de Mialet dont, de toute évidence, ses responsables actuels ignorent la réalité puisqu’ils affichent sur leur site officiel “Altitude 140 à 691m” sans que nous ayons pu géographiquement localiser le sommet de ce maxima ! un comble qui démoralise l’Ours pas pour autant au bout de ses étonnantes surprises !
Dont la plus importante apparue dès la création de la trace du projet était, sur la carte de chaleur de STRAVA, la totale virginité de la crête de la montagne de la Cam du Col d’Uglas au collet coté 645 m où remonte le GRP Tour de la Vallée du Galeizon après son incompréhensible descente jusqu’à l’aval de Raymond sur la route de Brugairolle, alors qu’encore en août 1983 il existait un sentier direct qui, bien évidemment, passait par ce fameux rocher de la Cam coté 699 m au prestigieux et unique panorama à 360° où, depuis la nuit des temps, de nombreux autochtones venaient assister au lever du soleil, toujours agrémenté du partage d’un festif petit déjeuner ! comment pareille tradition a-t-elle pu disparaître aussi rapidement alors que parallèlement était célébrée la création du Parc national des Cévennes et que le Grand Alès prolongeait le tracé historique du Sentier de Stevenson de St-Jean-du-Gard jusqu’à Alès, pour une liaison ferroviaire possible avec le Puy-en-Velay via Clermont Ferrand ?
Du coup nous sommes repartis par l’itinéraire inverse de notre précédent retour jusqu’à la première bifurcation du raccourci qui permet de rejoindre la crête au collet coté 590 m en court- circuitant la traversée du Serre des Pins, coté 669 m, non nommé sur l’IGN.
La relativement bonne conservation de ce sentier, peu propice aux exactions des sangliers, fut une agréable surprise. Par contre la portion du GRP Tour de la Vallée du Galeizon jusqu’au dernier collet coté 645m de cette crête (avant la montagne de la Cam (pour l’IGN, de Pagès pour les vieux autochtones, pour la distinguer parmi la prolifération des sommets locaux ainsi nommés ! comme par exemple : Lacan (des Puechs) et Lacan (d’Anduze), etc... !) a déconcerté notre plantigrade tant était prégnant le souvenir d’un agréable sentier étroitement bordé de buis plus grands que lui, sinuant dans une épaisse forêt de chênes verts (yeuses) et blancs (chênes sessiles) avec quelques houx, au lieu de cette déjà ancienne draine rectiligne et en relatif mauvais état.
Et pourtant véritable boulevard comparé à la suite lorsque, déconcerté de ne pas retrouver les vestiges de l’ancien sentier, l’Ours a décidé de l'abandonner pour nous conduire hors sentier à la recherche de ce fameux rocher de la Cam à travers la forêt de yeuses parmi un éprouvant sous-bois de grands buis morts victimes de la terrible pyrale du buis. Heureusement que la salsepareille n’était pas de la partie sinon nous aurions dû fatalement battre en retraite et nous avouer battus en nous rabattant sur la route du Col d’Uglas au Mas Pagès.
Ce fameux rocher de la Cam de Pagès retrouvé grâce à son sens de l’orientation et avec l’assistance de son SM, l’Ours n’est toujours pas remis de sa profonde déception de retrouver ce lieu aussi cher et bien présent dans ses souvenirs en pareil état de total abandon. Pour, une fois gravi, faire le désolant constat que son 1,72 m étaient nettement insuffisant pour pouvoir observer le panorama par-dessus l’imposante frondaison de yeuses qui désormais le cernent de toutes parts, probable explication du plus total désintérêt des nouvelles générations.
La visite et l’historique terminés, vu les difficultés rencontrées pour monter jusque-là, l’Ours a estimé que nous aurions plus à gagner qu’à perdre en tentant le retour au plus court sur la route d’accès du Col d’Uglas au Mas Pagès, bien que la pente y soit plus forte.
Cette route rejointe, c’est en bénéficiant agréablement de sa récente et parfaite réhabilitation que nous l’avons suivie jusqu’à son terminus au Mas Pagès lui aussi très bien restauré et désormais habité à l’année. De là nous avons suivi le sentier balisé de Mialet via l’ancienne et vaste châtaigneraie occupant le collet coté 422m avant la bosse de l’Aire Crémade, jadis remarquable, aujourd’hui à l’abandon et ruinée par le redoutable et mortel chancre du châtaignier sans le moindre étonnement pour l’Ours qui, dans les années 80-90, a assisté impuissant à la perte de la châtaigneraie familiale.
Vu nos précédentes déconvenues nous n’avons pas pris le risque de tenter l’aventure consistant à rester en crête jusqu’à la Sauque Ronde, via l’Aire Crémade, très anciennement totalement labourable sans avoir à retourner l’attelage cheval-charrue et réputée pour la qualité des pois chiches qu'elle produisait.
Après la traversée panoramique sur la profonde vallée du Ruisseau de Roquefeuil, le sentier très agréable passe horizontalement entre les anciennes faïsses aux murs de soutènement impressionnants par la qualité de leur construction en pierres sèches dont seule l'épaisseur, et surtout le peu de terre arable retenue, peut expliquer une telle longévité malgré un tel ensauvagement, conduisant l’Ours à se féliciter d’avoir pris la bonne décision en évitant le désormais probablement impossible passage par la Sauque Ronde.
En revanche la descente sur
Mialet, déjà éprouvante à la belle époque, est désormais fortement déconseillée aux personnes fragiles des chevilles et des genoux. En comparaison le village s’est nettement embelli, son
Temple entièrement rénové est magnifique et la ruelle bien caladée du sentier d’accès aux désormais deux cimetières et à l’itinéraire le plus direct pour les Puechs, via la vallée du Ruisseau de Roquefeuil jusqu’au pont construit pour le passage des dragons du Roi Louis XIV, supplétifs de l’inquisition imaginée pour espérer mater les vaillants huguenots.
C’est donc par cet ancien sentier muletier baptisé “la longue” par opposition à “la courte” désignant l’ancien raccourci qui montait directement du Mas du Pré au col de Mialet avant les Puechs dont “Kiki”, le préposé de la Poste, empruntait le trajet tous les jours pour livrer le courrier mais également dans sa musette en contrepoids de l’officielle sacoche postale de multiples services gracieux aux plus démunis.
Cette “longue” est désormais réduite à la taille d’un simple sentier des plus caillouteux et, pour ne pas changer, aux talus ravagés par les sangliers à tel point qu'il ne serait plus possible de venir y exploiter le bois de chauffage sans une préalable et conséquente intervention d’un bulldozer.
En conclusion : si le mas familial est toujours bien là, son environnement a bien changé en dehors de l’abord immédiat des habitations : le pays s’est singulièrement ensauvagé au point de n’être plus praticable que par les sangliers qui profitent de l’aubaine pour se multiplier sans que les loups puissent les réguler. Pour ma part, je suis heureuse de cette expérience qui me permettra d’un peu mieux cerner la nature profonde de notre plantigrade, même en version haut-alpin.
Nota bene : il va de soi que cet itinéraire, quel qu'en soit le sens de parcours, aura un intérêt équivalent en partant de Mialet d'autant que, quel qu'en soit l'itinéraire, l'accès routier aux Puechs n'est pas de tout repos, route certes sans danger objectif, mais particulièrement étroite où la prudence est conseillée.
Sauvegarde du nom du fichier GPX :
Trace de l'Ours (2025-04-17 07:49:22 [Suunto App])