Tour de l’aval du ravin du Torrent de Biaret : Une dénomination quelque peu alambiquée, juste pour montrer que l’âge aidant, ils ne sont pas montés comme au bon vieux temps jusqu’au Col du Morgonnet, par exemple en
avril 2021 . La Marmotte ne pouvant plus surpasser son pas de sénateur et l’Ours ayant cassé le thermostat de régulation de sa température corporelle, celui-ci a préféré jouer au jeune chien plutôt que de se geler à l’attendre, tant qu’ils sont restés à l’ombre du Pic de Morgon, en se disant qu’ils auraient été bien mieux du côté de Puy-Sanières, en plein soleil sur la rive droite du Lac de Serre-Ponçon. Mais bon, puisque la forêt et ses bien belles couleurs d’automne sont en rive gauche, il n’a pas souhaité contrarier la Marmotte.
Comme il ne saurait en être autrement en randonnée que partout ailleurs, ses neurones toujours en alerte maximale — alors qu’il est probable que le plus grand nombre d’entre nous serait passé sans rien noter de particulier —, il s’est figé un instant avant de rechercher l’angle de vue le plus signifiant et de croquer ce si singulier hêtre en aval du sentier, qu’il n’a pas hésité à nommer
l'hêtre amoureux. Il a imaginé ce qu’il souhaitait en faire dans le cadre d’un éveil psychologique, même si l’Ours est souvent dérangeant : on est au moins sûr qu’avec lui on ne s’ennuiera pas !
La grimpette est rude depuis le départ du sentier jusqu’à son arrivée sur la piste forestière qu’emprunte l’itinéraire VTT du Tour du Lac de Serre-Ponçon, en amont de son GR de Pays Tour du Lac de Serre-Ponçon, qui lui reste sur la route forestière principale de la Forêt de Morgon. Le retour par la portion de ce même GRP, qui les a ramenés sur cette route, est assez raide et glissant en cette saison.
Après une fort sympathique pause pique-nique en amont de Chastel, ils ont poursuivi par un sentier, en direction des Garneiras, inconnu de la Top 25 de l’IGN, trouvé grâce à la carte de chaleur de STRAVA. Il n’est pas très facile à suivre à cause de la végétation qui a envahi ces anciennes draines de débardage, ce qui ne les a pas découragés, bien au contraire, car cela leur a permis de visiter ces lieux jusqu’ici ignorés.
Une fois la route forestière qui court sur la croupe entre le Plautas et Chateleret rejointe, il suffit de la suivre très agréablement jusqu’à la D 954. Au-delà, ils ont été contrariés par rapport au
projet de l’Ours par les chiens de garde du camping des Chappas, pour ensuite être éconduits par les propriétaires probables de la ferme située à droite de l’entrée du camping, qui leur ont conseillé de faire demi-tour jusqu’à la chapelle, sans qu’ils y trouvent le balisage indiqué. Ils ont alors décidé de suivre la piste agricole la plus évidente, qui les a ramenés sur la croupe en rive gauche du Ravin de Robeiras et leur a permis de rejoindre naturellement le bord du lac. Séduit par le spectacle, l’Ours a immédiatement capturé les 80 vues unitaires nécessaires à la création d’un
double panoramique à 360° , grâce à l’excellente version logicielle AutoPano Giga Pro.
Ils ont ensuite mis à profit le marnage actuel du lac pour rejoindre plus agréablement le Pré d’Émeraude et profiter de la pelouse du Camping des Eygoires pour remonter sur la route et revenir au parking de départ.
En conclusion : Leur frustration de ne pouvoir suivre la trace de leur projet à travers le camping des Chappas ne fut qu’une brève contrariété, bien incapable de gâcher le spectacle offert par cette randonnée. Une bonne partie de la descente vers le lac, d’une rare et captivante sauvagerie, est probablement réservée à ceux qui savent se fier à leur sens de l’orientation pour déjouer les pièges d’un sentier quasi effacé — un de ces chemins de chasseur où le GPS, à lui seul, ne suffit pas pour éviter les égarements.
De retour au Duster, leur satisfaction était entière : l’Ours, ravi de cette découverte bien plus intime que la classique Pierre Arnoux, et la Marmotte, comblée par cette journée en immersion totale dans les couleurs automnales. Cerise sur le gâteau, cette dernière a eu les yeux qui brillent en découvrant le PDF de l’Ours, où il a su sublimer en poésie la photo d’un hêtre singulier.
Nom du fichier GPX de la Trace de l'Ours : (2025-11-04 08:51:59 [Suunto App])
Pour une visualisation de la totalité des prises de vues :
Diaporama