Rando Nordique sur le Lingas
pour profiter de la neige fraîche déposée lors d'un bel épisode cévenol hivernal.
Par Angstrom

Nous avons hésité toute la journée de samedi pour savoir où nous irions pour profiter des chutes de neige abondantes sur les Cévennes et la Lozère.
Nous avons finalement choisi un secteur que nous aimons bien et pas trop éloigné de chez nous : la montagne du Lingas, située dans la forêt de l'Aigoual, non loin du Vigan dans les Cévennes gardoises.
Levés de bon matin, nous visions d’être à 9h au col du Minier. On va dire qu'on y a réussi. La route était bien enneigée à partir de 700m d’altitude, – verglacée, même – mais nous avons rejoint le départ de notre randonnée sans encombre (et sans devoir chaîner). Sur le parking, une seule voiture était déjà présente, celle d’un couple qui terminait de chausser les raquettes. Le temps de nous préparer, ils nous ont devancés et nous ont fait la trace dans une somptueuse neige vierge habillant arbres et sapins, recouvrant la route forestière d'une petite trentaine de centimètres.

Après 1,5 km, nous la quittons en traversant une lisière débouchant sur une prairie engageante. Rapidement, nous atteignons un point haut qui nous offre une belle vue sur le Lingas et ses immenses prairies transformées en champs de neige.

Malheureusement, la neige est lourde et trop collante pour que nous parvenions à prendre de la vitesse dans la descente. Les belles arabesques seront pour un autre jour. Qu'à cela ne tienne, nous évoluons dans une neige profonde et des paysages dégagés comme on les aime.


Nous jouons à trouver le meilleur itinéraire pour franchir les nombreux ruisseaux qui drainent cette prairie, en essayant d’éviter de nous retrouver les skis dans l’eau. Les traces laissées par les animaux sauvages sont nombreuses. Ici un cerf ou un chevreuil ; ici une famille de sangliers.

Nous arrivons comme cela jusqu’à la cabane située sous le barrage du lac des Pises. Encore une dernière petite montée et nous découvrons le lac, à peine recouvert d’une infime épaisseur de glace formée cette nuit (l’absence de neige sur le lac l’atteste). Il est 11h30 ; le petit déjeuner du matin est loin. Un bloc de granite plat et accueillant nous décide à faire notre halte méridienne.
Pique-nique bien agréable, mais qui laisse le temps à la neige de se réchauffer juste ce qu’il faut pour devenir « compactable ». Dès la reprise de notre itinéraire vers le Col des Pises, nous sommes embêtés par une neige collante qui botte sous nos semelles et alourdit nos pas. Je tente bien d’éviter les versants exposés, en choisissant l’autre rive du ruisseau, orientée au Nord et même partiellement restée à l’ombre, à la recherche d’une neige encore un peu froide. Que nenni. L’itinéraire sauvage, hors trace à travers la hêtraie est beau mais nous bottons sur la longueur entière des skis. Arrivés au col, mon épouse à les adducteurs en feu. Nous ne pouvons qu’espérer une qualité de neige différente car faire les 7,5 km qui nous séparent de la voiture dans ces conditions n’est pas réjouissant.
Nous quittons le col vers l’Est, pour entamer le retour en grimpant sur un promontoire, sous la Luzette, qui nous offre une vue dégagée sur le Lingas, le lac où nous avons pique-niqué et vers le NE, le Mont Aigoual.

La descente est raide. Catherine parvient à glisser un peu ; suffisamment pour devoir se freiner « en sorcière ». Mais moi je n’ai pas cette chance ; je trace « dré dans le pentu » en descente comme si j’étais en raquettes tellement ça colle. Heureusement, au col suivant nous trouvons une trace d’un randonneur à skis. Rapidement, nos skis se remettent à glisser dans les traces qui ont « pré-compacté » la neige. La progression devient normale et agréable, à quelques passages ombragés près. Petite pause ravito en bord de massif avec très belle vue vers le Sud : le causse de Blandas encore partiellement enneigé, la Séranne et le Pic Saint-Loup et, plus loin encore, le Mont St Clair de Sète. En toile de fond, la méditerranée brille dans le soleil.
A 16h30 nous sommes de retour à la voiture. Les 5 derniers kilomètres ont été faits sur la piste forestière qui n’avait plus rien à voir avec celle que nous avions empruntée le matin : nombreuses traces de raquettes et surtout, 2 horribles traces d’un 4x4 venu s’amuser et qui dénature un peu l’ambiance sauvage que la plupart des gens étaient venus chercher.
Mais au final, ce fut une excellente journée dans la neige pour une boucle de 15 km sur un secteur très propice au SRN mais qu’il faut découvrir peu de temps après les chutes de neige pour apprécier. Ou alors attendre que ça transforme carrément.



Félicitations